Les opérateurs Fibre : Régies et syndicats publics
La catégorie « Régies & syndicats » rassemble des opérateurs d'infrastructure FTTHFiber To The Home qui partagent une caractéristique commune : ce sont des structures publiques exploitant directement leur propre réseau de fibre optique. Elles illustrent la diversité des modèles juridiques par lesquels les collectivités territoriales françaises peuvent déployer et gérer un réseau de télécommunications.
On y trouve :
- des régies directes créées par des intercommunalités, comme Fibragglo (Communauté d'Agglomération de Forbach Porte de France), Fibreso (Communauté de Communes de Freyming-Merlebach), Warndt Fibre ou le réseau pionnier du Pays de Bitche, tous situés en Moselle
- un syndicat intercommunal avec le SIEA (Syndicat Intercommunal d'Énergie et de e-communication de l'Ain), qui porte le réseau départemental Li@i
- des régies municipales comme Quentiop à Saint-Quentin-en-Yvelines, la régie de Falck et Hargarten en Moselle, ou la Régie Gaz et Électricité de Sallanches (RGES) en Haute-Savoie
- une société publique locale (SPL) avec Sainte-Anne 2.0, premier réseau très haut débit des Outre-Mer, en Guadeloupe
- une collectivité d'outre-mer avec St-Barth Digital, le réseau d'initiative publique de l'île de Saint-Barthélemy
- un réseau d'initiative publique départemental avec Orne THD, exploité sous délégation de service public
Un mouvement né avec le Plan France Très Haut Débit
L'émergence de ces opérateurs publics s'inscrit dans le cadre du Plan France Très Haut Débit lancé en 2013, qui a encouragé les collectivités à prendre en main le déploiement de la fibre dans les zones où les opérateurs privés n'investissaient pas spontanément. Certaines collectivités avaient toutefois pris les devants : le Pays de Bitche a décidé dès 2007 de déployer un réseau FTTH sur son territoire rural, devenant le premier territoire rural de France à se lancer dans un tel projet. La Communauté d'Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a créé sa régie Quentiop en 2010. Dans la décennie suivante, de nombreuses intercommunalités ont suivi ce modèle.
Une concentration mosellane remarquable
La Moselle concentre cinq des onze membres de cette catégorie. Cette densité s'explique par un choix délibéré d'intercommunalités du bassin houiller de porter elles-mêmes leurs réseaux FTTH, plutôt que de s'en remettre aux opérateurs privés ou au RIPRéseau d’Initiative Publique départemental Moselle Fibre. Fibragglo, Fibreso et Warndt Fibre ont ainsi été construits par Sogetrel pour le compte de leurs intercommunalités respectives, tandis que la Communauté de Communes du Pays de Bitche, plus au nord, a fait figure de pionnière avec sa régie Tubéo.
L'Ain et l'Orne : des RIP à l'échelle départementale
Le SIEA, syndicat mixte associant la compétence énergie et la e-communication, a lancé dès 2009 le réseau Li@in, qui couvre l'ensemble du département de l'Ain hors zone AMIIAppel à Manifestation d’Intention d’Investissement (agglomération de Bourg-en-Bresse). Plusieurs opérateurs commerciaux nationaux (Orange, Free) sont présents sur ce RIP, aux côtés de l'offre du SIEA lui-même. Dans l'Orne, le réseau Orne THD est porté par le Département dans le cadre d'une délégation de service public.
Les outre-mer : des pionniers du très haut débit public
La SPL Sainte-Anne 2.0, créée par la commune de Sainte-Anne en Guadeloupe, a déployé un réseau de 220 kilomètres desservant une soixantaine de quartiers. Elle se présente comme le premier réseau très haut débit des Outre-Mer. À Saint-Barthélemy, la Collectivité a lancé St-Barth Digital pour fibrer l'intégralité de l'île, en s'appuyant sur le groupement Dauphin Telecom / Les Courants Faibles.
Opérateurs de la catégorie
Les opérateurs sont classés selon le nombre de communes dans lesquelles ils déploient la Fibre.