Définition
Le dégroupage est un mécanisme de régulation des télécommunications qui permet à des opérateurs alternatifs d’utiliser la boucle locale de l’opérateur historique (en France, Orange) pour proposer leurs propres services Internet, téléphonie ou TV aux abonnés. Historiquement lié aux réseaux en cuivre (ADSL/VDSL), le dégroupage a été un levier majeur d’ouverture à la concurrence à partir des années 2000.
Concrètement, le dégroupage consiste à autoriser un opérateur tiers à accéder au réseau cuivre entre le central téléphonique (NRA) et le domicile de l’abonné, afin de fournir ses propres services sans passer par l’offre de détail de l’opérateur historique.
Types de dégroupage
- Dégroupage total : l’opérateur alternatif utilise entièrement la ligne cuivre. L’abonné ne dépend plus d’Orange, ni pour Internet, ni pour la téléphonie fixe.
- Dégroupage partiel : l’opérateur alternatif fournit l’accès Internet, mais l’abonné conserve la téléphonie analogique via Orange.
Fonctionnement
- L’opérateur tiers installe ses propres équipements (DSLAM) dans le NRA.
- Il loue la boucle locale cuivre jusqu’au logement de l’abonné.
- Il peut ainsi proposer ses offres triple play (Internet, TV, téléphonie) à des tarifs différenciés.
Rôle dans l’évolution du marché
- Accroissement de la concurrence : a permis à des acteurs comme Free, SFR, Bouygues Telecom de proposer leurs propres offres dès les années 2000.
- Baisse des prix : a favorisé une forte diminution des tarifs ADSL et l’essor de l’Internet illimité.
- Stimulation de l’innovation : en poussant les opérateurs à diversifier leurs services (box, contenus, téléphonie VoIP, etc.).
Déclin avec l’arrivée de la fibre
Avec le déploiement massif de la fibre optique (FTTH), le dégroupage cuivre est progressivement abandonné. En effet, dans un réseau FTTH, la boucle locale est remplacée par une infrastructure nouvelle, mutualisée dès l’origine (mutualisation au PM) et ouverte à tous les opérateurs selon des règles distinctes. Ce processus s’inscrit dans le plan de fermeture du réseau cuivre lancé par Orange et suivi par l’ARCEP.
Le terme dégroupage fibre est parfois utilisé par analogie avec le dégroupage cuivre (ADSL), mais il ne désigne pas un mécanisme identique. Dans les réseaux fibre optique (FTTH), il n’existe pas de "dégroupage" au sens historique, car la fibre repose sur une infrastructure nouvelle, mutualisée dès sa conception. Le terme approprié est plutôt celui de mutualisation (au niveau du Point de Mutualisation – PM).
On parle néanmoins de "dégroupage fibre" pour désigner la capacité d’un opérateur alternatif à accéder au réseau fibre déployé par un autre opérateur d’infrastructure (par exemple Orange ou un RIP) afin de proposer ses services à l’abonné final. Ce mécanisme est encadré par l’ARCEP et repose sur des offres d’accès activé ou passif.
Conclusion
Le dégroupage a été un outil central dans la libéralisation du marché des télécommunications en France. Il cède aujourd’hui la place aux mécanismes de mutualisation dans les réseaux fibre, qui poursuivent les mêmes objectifs de concurrence, d’innovation et d’accès équitable au très haut débit.